Expositions
Je me lève et je me couche tous les jours. Et si je faisait une peinture tout le jour ? Une peinture, comme je me lave, sans faire trop attention, mais de le faire… que cela me plaise ou non, que je sois gaie ou  triste et quoi encore ? …peut importe…Ce qui importe, c’est de peindre. Je ne sais plus, qu’est-ce que je peins, mes mains le savent. La geste échappe à la prison du cerveau et me rend libre.

La question, si elle est bonne ou mauvaise ma peinture, ne se pose plus. Il y a des bonnes, des moins bonnes et des franchement ratées. Exactement, comme je suis dans des situations quotidiennes : bonne, médiocre ou mauvaise et cela fait un tout. Ma peinture me ressemble.

La suite de ces peintures jour après jour crée des événements, ces événements écrivent une histoire, mon histoire. Vous êtes les privilégiés de lire mon journal intime. Je vois ce que vous ne pouvez pas voir ; vous voyez ce que moi, je n’aperçois pas : le temps ce qui fut et ce qui est. J’ai là tout entier le temps que vous contemplez avec moi.

C’est une lutte constante de ne pas déchirer les pages ou de ne pas faire des vaines tentatives pour l’améliorer. Une lutte constante pour assumer le passé, dans laquelle mon long combat prend un air presque serein. Voilà, comment cette peinture devient puissante, malgré sa faiblesse. Elle visualise ce milieu indéfini, le temps, où se déroulent irréversiblement les existences dans leur changements, les événements et les phénomènes dans leur successions.

Ce travail a eu un début et il aura un fin…